GAUTIER DEBLONDE

ATELIER




Gautier Deblonde, Atelier, Michael Borremans




Atelier

The artist’s studio is held in high esteem.

It is not just any space. It is not just any room. In the artist’s studio, something happens. Creation happens. This is the place where the artist truly is an artist. This is where the magic happens. 

But it is only through the eyes of the photographer that we are able to enter the artist’s personal space, that we are offered a sneak peak at that secret lair of creativity. 

This project will take the readers inside artists’ studios; it will capture what the environment reveals about the artists and their works through the image of the space in the absence of the artists themselves but yet could be seen as a portrait of the artist.

The idea of the workshop reflecting the personality of the artist is well explained by Picasso* to the photographer Brassai: 
"You should come at night to see it ... This light detached each object, the deep shadows that surround the canvases and are projected onto the beams, you will find them in most of my still lifes, painted almost every night ... Whatever the environment, it becomes the essence of ourselves, it rubs off on us, is organized according to our nature ... ". 

-Picasso, Pablo. « Conversation with Brassai » in Picasso, Propos sur l’art. Paris, 1998, p 276 
Steidl





 

Exhibitions





 
Expositions de groupe (selection):
 
Petit Palais, Dans L’Atelier, L’artiste photographié d’Ingres à Jeff Koons. 2016
Musée des beaux-arts du Canada ; Still Life : Ron Mueck at work, 2016
Art Paris, 2016.
Art Paris, 2015.
Art Paris, 2014.
Paris Photo, 2014.
Cours Mirabeau, Aix-en-Provence : L’oeuvre photographiée: les ateliers d’artistes, 2014
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Film) : Still Life : Ron Mueck at work, 2013
Bruxelles Art Fair, 2013
Lille Art Fair, 2013
Lille Art Fair, 2012
Lille Art Fair, 2011
Maison de l’architecture, Lille, Artists studios, 2011
Bruxelles Art Fair, 2010
Compton Verney, Warwickshire, 2010, Artists’ studio.
Paris Photo, 2009
Galerie du jour, Paris, True North, 2009
The art of climate Change, Tokyo 2008
Festival International de la Photographie, Arles 2007, Arctic
The art of climate Change, Barcelona 2007
The art of climate change, Hamburg 2007
The art of climate change, Natural History Museum, London 2006
National Portrait Gallery, London, 2001, portraits of artists.
National Portrait Gallery, London, 1999, portraits of artists.
 
 
Exposition personelle (selection):
 
MAD Museum, New York, Atelier, 2014.
Central Saint Martins, London, Atelier, 2014
Galerie Bacqueville, Lille, Ateliers d’artistes, 2012
Institut Français de Varsovie, 2008, Svalbard
Maison de la photographie, Lille, 2007, Svalbard
Chambre Claire, Paris 2003, Morvern Callar
Tom Blau Gallery, London 2002, Morvern Callar
Tom Blau Gallery, London 2001, Bridges
Tate Britain, London 2001, Portraits d’artistes
Chambre Claire, Paris 1999, Portraits d’artistes
Focus Gallery, London 1999, Portraits d’artistes
A Gallery, London 1999, Portraits d’artistes
 
 
 
 
Livres:
 
Atelier, Édition limitée du livre présenté sous coffret, Louis Vuitton, 2014
Atelier (Steilddangin), 2014
Morvern Callar (Screenpress), 2002
Boy by Ron Mueck (Anthony d’Offay), 2001
Artists (Tate), 1999
1000 Names (Lisson Gallery), 1998
 
 

Livres d’artistes:
 
Anna Barriball, MK Gallery, 2012
Fashion and Art Collusion,  Victoria & Albert Museum, 2012
Anthony Caro, Chatsworth, 2012
Karla Black, Fruitmarket Gallery, Venise, 2011
Ron Mueck, Foil Gallery, Tokyo 2008
Antony Gormley, Blind Light, Hayward Gallery, London 2007
Ron Mueck, Fondation Cartier, Paris 2006
Rachel Whiteread, Transient Spaces, Guggenheim, New York, 2005
Rachel Whiteread, Anthony d’Offay Gallery, London 2002
Bridge, BBC, Lucy Blakstad, London, New York, Mostar, 2000
 
 

Prix:
 
Finalist 
Leica European publishers award for photography 2008
1er price Art category, World Press, 2001
Finalist Photographer of the year, London 2000
Merit SPD (Society of Publication Designer), London 2000
Ilford award, France 1995

Biography



Le travail de Gautier Deblonde semble relever d’une démarche à mi-chemin entre reportage, documentaire et création plastique. Peu pertinente apparaît dès lors la notion de hiérarchie entre ces trois genres chez un photographe tant familier du monde de l’information que sensible à celui des arts. A l’intersection des tendances, mais jamais à la dérive, Gautier Deblonde est un photographe qui aime lâcher prise, tout en conservant ancrés en lui discipline et sens du long terme : ainsi de sa série Atelier, maturée pendant près d’une décennie avant de donner lieu à un ouvrage publié par SteidlDangin en 2014.

De quoi s’agit-il ? De lieux. De rencontres. Et, parfois, de l’indicible : une lumière, une marque, une expression, un fragment d’objet ou de matière. Gautier Deblonde s’avoue fasciné par les traces que laisse toute activité humaine. En ressort un réel sens du détail, de ce qu’il fallait remarquer. Comme autant de pas de côté, pour suggérer ce qui peut arriver au sein de l’image ainsi qu’en dehors du cadre. Transparaît sans cesse, des portraits d’Artists publiés par la Tate Gallery en 1999 aux étendues blanches de l’Arctique souvent photographiées, la marque d’une subjectivité discrète et subtile, d’une esthétique de la vérité dénuée de toute froideur. Rejaillit à l’esprit ce « All is true » invoqué par Balzac à propos du réalisme lui aussi tant documentaire que romanesque de son Père Goriot. Mais avec un certain sens du décalage : Gautier Deblonde sait, quand le veut le contexte ou le sujet, se faire moins présent, se retirer, s’effacer.

La distance, voici peut-être la clé de toutes ces images. Car si pour Gautier Deblonde prendre la photographie d’un lieu ou d’un personnage relève avant tout d’une longue imprégnation du sujet et de sa bonne compréhension, c’est une présence comme distendue qui semble dominer chacune de ses séries. Matière à imaginer, à se construire sa propre histoire avec le sujet ? Sans doute. Mais aussi nécessaire respect de ce que croise l’objectif. Alors vient le moment de photographier. Sans impulsivité ni fugacité. Se pose la question du temps : une technique photographique plus lente, un nombre limité de prises de vue font de chacune de ces images un instant réfléchi, suspendu.

Le temps, donc : autre clé du travail de Gautier Deblonde, qui aime s’arrêter, contempler. Continuité dans la frontalité et recours à des pauses longues lui permettent d’instiller au cœur de ses images une véritable suspension du temps, capté autant que célébré. Un temps de contemplation, de réflexion, de repos. Un temps réel, tangible : celui d’un lieu, d’un objet, d’une personne, d’une vie. Il y a dans les photographies de Gautier Deblonde le sentiment d’un continuum furtif, d’une linéarité contemplative. Comme si, de l’atelier saisi en plein travail de Ron Mueck (le temps d’un film commandé en 2013 par la Fondation Cartier pour l’art contemporain, dont l’esprit d’arrêt « à l’œuvre » se retrouve dans son titre : Still Life. Ron Mueck at work) aux rives sans âge de Marie Galante, il ne s’agissait que d’une seule et même déambulation calme et savante de l’imaginaire, comme un long travelling latéral : on pense à la scène de l’embouteillage dans le Week-end de Godard, documentaire lui aussi doué d’une humeur. La démarche de Gautier Deblonde n’est d’ailleurs jamais tout-à-fait éloignée du cinéma : en témoigne sa collaboration avec la réalisatrice Lynne Ramsay sur le long-métrage Morvern Callar, au sujet duquel parût un livre chez ScreenPress en 2002. C’est dans cette logique que l’idée de répétition et de série intéresse Gautier Deblonde. Sans doute parce qu’il y retrouve cette discipline qui lui permet certaines audaces. Mais aussi de prendre un peu de ce temps et cette distance qui font toute la force de l’œuvre qu’il construit avec constance et sagacité.

Nicolas Valains



 

Press


Qui êtes-vous Gautier Deblonde?
Entretien